Actualite
HYPNOSE : UNE THERAPIE BREVE
30.10.2015

Dans quels cas puis-je m’attendre à un résultat rapide et durable avec l’hypnothérapie ?
Dans quels cas dois-je prévoir un travail plus long?

‘Hypnose
est réputée pour ses traitements «miraculeux»,
souvent très rapides. Certains cas trouvent même solution
en une seule séance… De là à s’y méprendre
et à généraliser cet impact thérapeutique,
il n’y a qu’un tout petit pas, qu’il ne vous faudrait pas franchir, sous
peine de tristes désillusions.

Alors,
dans quels cas puis-je m’attendre à un résultat rapide et
durable, en Hypnothérapie ?
Et dans quels autres cas devrais-je prévoir un travail sur moi
plus long ?…

Deux
grandes familles de problèmes

Pour faire
simple, il est possible de classer les soucis qui amènent les gens
en thérapie en 2 grandes familles :

1-
Les problèmes structurels
: tout ce qui est dysfonctionnement
de l’Inconscient chez une personne qui allait bien jusque-là
. Allergies, phobies, stress par rapport à une situation ponctuelle (examen, entretien d’embauche, etc.), soulagement ou arrêt de certaines douleurs, compulsions (tabac, nourriture,
ongles rongés, énurésie, etc.)… font partie des
symptômes dans lesquels l’Hypnose Ericksonienne et la Nouvelle Hypnose
excellent. Milton Erickson expliquait que les problèmes venaient
souvent du fait que «le conscient essaie de faire ce que l’Inconscient
aurait mieux fait
«. Ce qui est très vrai, c’est souvent
la cause de nos problèmes… mais ce n’est pas toujours le
cas !

Donc, dans
toutes les situations où votre Inconscient ne parvient plus à
fonctionner correctement
, où il est pris de court, blessé
ou perdu : le thérapeute va vous aider à entrer en état
d’hypnose, ce qui rendra votre Inconscient encore plus accessible que
d’habitude ; ensuite, il pourra expliquer à votre Inconscient,
grâce à une façon de parler très particulière,
qu’il peut «changer les choses«… Rassurez-vous, le
thérapeute n’ordonnera pas de voie de guérison particulière.
Votre Inconscient sait très bien ce qu’il fait ! Il est parfois
juste comme une petite voiture à ressort, coincée dans un
coin de pièce. Il suffira de lui indiquer d’autres chemins possibles,
et éventuellement les moyens d’accéder à ces chemins,
pour qu’il en choisisse un qui lui convienne (le meilleur pour vous, vous
pouvez faire confiance en votre instinct de survie !)… et tout reprendra
son cours, presque «tout seul» — en tous cas, sans que vous
ayez quoi que ce soit à faire au niveau volontaire.

L’Hypnose
thérapeutique est formidable pour traiter les cas de
cette première famille de problèmes : votre Inconscient
est capable de vous faire vivre sainement, tout allait bien «avant»,
sauf que vous êtes passé trop près d’un buisson d’épine,
et vous vous êtes blessé ! L’Hypnose Ericksonienne ou la Nouvelle
Hypnose vont aider votre Inconscient à repérer l’épine
et lui expliquer les moyens de retirer cette épine. Vous voilà
sorti d’affaire, et généralement cela n’aura pris que trois
ou quatre séances — parfois juste une seule.

2-
Les problèmes profonds
: c’est lorsque votre Inconscient fonctionne parfaitement
bien, mais qu’il vous procure pourtant une vie de souffrance
… On pourrait dire qu’il
fonctionne «très bien : mal» ! Il n’a rien de cassé,
pas d’épine, au sens d’épisode blessant accidentel (bien que la personne puisse porter de nombreuses «blessures» : des épisodes de vie marquants, qui l’ont forgée telle qu’elle est aujourd’hui). C’est donc plus ennuyeux qu’un simple accident à réparer : c’est toute l’histoire de vie de la personne qui
lui a construit un Inconscient pathogène… Tout en elle souffre
d’être ce qu’elle est
… En fait, l’idéal serait qu’elle
«change d’Inconscient». C’est une façon exagérée
de le dire, bien sûr, mais l’idée est là. Sa structure psychologique est stable ; rien n’est cassé en elle : sauf que le système en question provoque de la souffrance.

La psychothérapie
va consister ici en une évolution, une sorte de ré-éducation (littéralement). Il serait vain d’espérer changer inconsciemment, c’est-à-dire sans prises de conscience de tous les mécanismes qui entretiennent
le système pathogène («endormez-moi et ma vie aura changé à mon réveil»)… Ce qui est possible pour un simple «réglage» de l’Inconscient (allergie, phobie, etc.) est impossible dans un cas qui touche à l’existence de toute la personne : il faut la participation bien consciente de toute la personne. Son Inconscient est une boule de souffrance.
Il ne génère que des épines. Il ne servirait à
rien de retirer ces épines au fur et à mesure où
elles sortent : ce serait sans fin ! On ne peut pas passer toute sa vie
en thérapie… Ce qu’il faut, c’est aider la personne à
acquérir un Inconscient plus sain, une base émotionnelle
stable et confortable, qui permettra une vie heureuse et en pleine santé. Il faut remodeler tout ce que les évènements de la vie ont modelé de travers…

Il est facile
de comprendre qu’un tel «changement de vie» ne se fait pas en
2 ou 3 séances
! Ne serait-ce que parce qu’il est très difficile
de changer «ce que l’on est», émotionnellement. Chaque
marche gravie demandera à s’y acclimater, à s’y habituer.
C’est très dur psychologiquement, très déstabilisant — au
point que certaines personnes préfèrent rester dans l’ancienne
souffrance plutôt que risquer un avenir meilleur, mais inconnu.
Il faut le vivre pour le comprendre ; c’est humain. Cette thérapie de fond demandera
donc du temps, aussi parce que vous en aurez émotionnellement besoin
mais, l’objectif enfin atteint, ce temps de maturation ne vous aura finalement
pas paru si long, au regard du bonheur et de l’équilibre de vie
que vous aurez gagné.

Le soucis
est qu’il est difficile de donner une liste des symptômes susceptibles
d’être traités rapidement et de ceux qui nécessiteront
une thérapie plus longue
… Seule une bonne connaissance de soi ou quelques discussions avec votre
thérapeute vous permettront de «cibler» convenablement l’origine et
la forme de vos soucis
: simplement structurels (thérapie brève)
ou de terrains (psychothérapie longue).

Par exemple,
une dépression qui tiendrait sa cause d’un deuil ancien non fait (plus de 2 ans après, disons) pourrait
être réglée en 2 ou 3 séances, et déjà
la personne irait mieux tout de suite après la première
séance, grâce à une technique de «traitement
des deuils»… Par contre, si la personne est dépressive car
sa mère l’était (par exemple) et la mère de sa mère
peut-être aussi, et qu’elle a appris à vivre ainsi (ou à
cause de n’importe quel problème éducatif qui aura «programmé»
la personne à vivre en dépression), la thérapie ne consistera
pas à seulement retirer une épine ou couper un lien avec
le passé : il faudra que la personne prenne conscience de tout
ce qu’elle fait dans la vie qui entretient son «ancienne» personnalité,
afin de ne plus reproduire ces pensées et comportements. Il faudra
probablement qu’elle modifie nombre de ses croyances dans l’existence
— c’est un peu comme refaire soi-même toute son éducation,
c’est un travail immense, difficile et de longue haleine.

Notre personnalité est faite de l’immense réseau neuronal qui s’est construit avec nos expériences de vie. Chaque évènement, chaque apprentissage a créé son ensemble de connexions neuronales (un pont d’un neurone à un autre, par les synapses). Ces connexions s’auto-entretiennent grâce à la chimie de notre corps : telle connexion correspond à telle ressenti ou émotion, reliée à telle molécule ou hormone. Par exemple, la personne qui a grandi dans le malheur est littéralement imbibée des hormones liées au mal-être ; quand cette personne vit un moment heureux, son corps ne produit plus les molécules nécessaires à entretenir ses connexions neuronales (son cerveau, et par extension : «elle», son identité, ce qu’elle est). C’est comme une drogue. Le cerveau (au niveau psychologique, on dira «l’Inconscient») va donc provoquer les évènements réels ou émotionnels dont la personne a besoin pour que son corps produise les molécules indispensables à sa survie biologique cérébrale. Voilà comment on devient «accro au malheur»… Une dépendance dont il sera terriblement difficile à se sevrer, puisqu’elle nous maintient vivant (psychologiquement). Notre structure physio-psychologique va déclencher tout un système de protection, le croyant obligatoire à notre survie. Il faudra donc à la personne réaccoucher d’elle-même.

Il faut beaucoup
de courage pour entreprendre et tenir ce chemin de changement personnel.
Le thérapeute est une aide et un guide, durant les mois et peut-être
les années de restructuration et de maturation psychologique. Une
voie difficile, mais qui mène au «paradis sur Terre»
! Une voie qui mérite d’être suivie, pour tout le bonheur
qu’elle permet.

Thérapie, psychothérapie et soutien psychologique

Il reste
à préciser, au cas où il serait encore nécessaire
de le faire, que la «psycho»-thérapie ne répare
pas les infections virales ou les bras cassés, pas plus qu’elle
ne fait de miracles auprès de personnes handicapées physiques
ou mentales. Il faut rester lucide et garder les pieds sur terre. Une
maman qui nous appelle pour savoir si on peut guérir son enfant
autiste («parce qu’elle l’a vu à la télé !»)
se fait d’immenses illusions, et on peut lui souhaiter de ne jamais rencontrer
de pseudo-thérapeute qui aurait la maladresse d’encourager ou d’entretenir
ce genre de fantasme… au risque de se heurter à court ou moyen terme à
une désillusion très douloureuse.

A la limite, les parents d’un enfant handicapé mental (autisme,
schizophrénie…) pourront se former eux-même en Hypnose
thérapeutique pour mieux aider leur enfant au quotidien et se donner les outils et un peu plus de force morale pour accompagner leur enfant — ou envisager une thérapie personnelle qui sera au minimum un soutien, et au mieu les aideront à changer, eux, donc à changer le contexte familial où l’enfant sera ensuite en mesure de puiser de nouvelles ressources, ce qui pourra peut-être améliorer son état.

On peut ainsi compter deux formes de «thérapie par la parole»,
et souvent deux types de thérapeutes

— Pour mieux les différencier, on pourrait parler de «thérapie» tout court pour l’aspect purement mécanique, fonctionnel, du soin à la personne : réparer ce qui est cassé.
La «thérapie» (toujours dans le domaine de l’aide par la parole) serait
tout ce qui concerne le fait d’aider une personne qui a toujours été bien dans sa vie à retrouver le bien-être (lisez le livre «Miracles Quotidiens» pour vous faire une idée de tout ce que l’on peut déjà espérer changer : c’est immense !)
Si vous savez à
coup sûr que votre cas est structurel (par exemple, allergie, compulsion ou phobie, sans cause familiale
ou sociale évidente), alors «Oui», vous
pouvez espérer ce fameux «traitement en 1 séance»
dont parlent les livres d’Hypnose — ou du moins résoudre votre
situation en quelques semaines.
Dans la même catégorie, le thérapeute pourra être
de grande aide en soutien du traitement de graves maladies, telles que
le cancer, le sida, la sclérose en plaque, etc. De plus en plus
de médecins prescrivent d’ailleurs un soutien psychothérapeutique
à leurs patients souffrants de maladies lourdes.

— Et on pourrait réserver le terme «psychothérapie» (ou développement personnel, à la limite) pour toutes les situations où la personne n’a «rien de cassé» : faire évoluer ce qu’est la personne, pour changer/guérir sa vie.
En «psychothérapie»,
la personne n’a techniquement pas besoin d’un soin, au sens de réparer ou arranger quelque chose. Rien n’est «cassé» en elle, bien qu’elle soit blessée, qu’elle porte les traces de son passé. Donc, l’Inconscient fonctionne très bien, mais douloureusement, et la personne aimerait changer cela. Elle aimerait changer ce qu’elle est ; changer de vie…
C’est possible ! Mais ce n’est pas le travail habituel de l’Hypnose thérapeutique (bien qu’il puisse être fait grâce à l’Hypnose Humaniste, à condition de travailler dans un cadre large, comme le fait Patricia d’Angeli avec une approche inspirée de celle de Jung et de la Thérapie Symbolique).
Nous quittons là le domaine de l’Hypnose Ericksonienne et de la Nouvelle Hypnose…

— Dès lors que l’on a bien cerné les deux cas de figure ci-dessus, il est tentant d’ajouter une troisième catégorie : celle des «accompagnants par la parole» qui n’appliquent aucune technique de soin concrète, qui ne font qu’écouter la personne (ce qui est déjà bien), mais sans chercher à la soulager par des actes thérapeutiques techniques, ni à faire évoluer ou grandir la personne, par analyse personnelle et travail sur soi. Juste écouter, être présent.
Ce type d’aide n’entre ni dans la première description, qui correspond à une aide technique, structurée, destinée à être immédiatement efficace (et vérifiable) — ni à la seconde description, qui prend en compte l’analyse profonde des mécanismes psychologiques de la personne pour son évolution…
Pourtant, de très nombreux «thérapeutes» pratiquent ainsi…
En fait, il s’agit plus de «soutien psychologique» que de réelle thérapie ou psychothérapie. C’est important que cela existe, puisque l’aide psychologique est indéniable (services téléphonique pour la prévention du suicide, groupes de parole, etc.) mais c’est une pratique différente et qui ne correspond pas aux personnes cherchant une aide concrète, pratique et qui amène un résultat vérifiable (la «thérapie»), ni à celles qui cherchent un travail profond et de fond sur elles-mêmes, pour changer ce qu’elles sont, changer de vie (la «psychothérapie»).

Conclusion

Si vous n’arrivez pas à ressentir dans quelle situation vous êtes, ou si vous avez un doute, c’est peut-être que votre demande n’est pas si superficielle («mécanique» ou «fonctionnelle») qu’elle n’y parait. Il ne suffira peut-être pas juste de «réparer ce qui est cassé»… Attendez-vous
donc à devoir vous impliquer personnellement, à vous engager
dans votre thérapie comme on prend une voie de renaissance. La «psychothérapie» est un soin pour vôtre âme, un baume au coeur… Un chemin
dévolution vers une vie meilleure qui ne dépend, en durée, ni de vous
ni du thérapeute, mais de l’ampleur du changement que vous espérez.

Quelle que
soit votre route, mes meilleures pensées vous accompagnent.

Olivier Lockert
Thérapeute et Enseignant international en Hypnose
Ericksonienne

Lisez des récits de guérisons
avec l’aide de l’Hypnose

«MIRACLES
QUOTIDIENS»

Olivier Lockert, Editions IFHE
(récits de cas et exercices pratiques)